
Dispositif Jeanbrun dans l'ancien : conditions, taux et assouplissements à venir
À jour au 7 juillet 2026
Le dispositif Jeanbrun ouvre l’amortissement fiscal non seulement au logement neuf, mais aussi à l’ancien rénové. Les conditions d’accès y sont plus strictes et les taux d’amortissement légèrement inférieurs : 3 % à 4 % par an selon le niveau de loyer, contre 3,5 % à 5,5 % pour le neuf. Comprendre ces différences permet d’arbitrer entre une acquisition dans le neuf et un projet de réhabilitation.
Pourquoi l’ancien entre dans le champ du dispositif Jeanbrun
Le dispositif Jeanbrun, instauré par la loi de finances 2026 et applicable depuis le 21 février 2026, vise à reconstituer le parc locatif privé en proposant un amortissement fiscal modulé selon l’effort social du bailleur. En ouvrant ce mécanisme à l’ancien avec travaux, le législateur cherche à mobiliser des logements existants souvent vacants ou dégradés, sans se limiter à la construction neuve.
L’amortissement repose sur le même principe que pour le neuf : chaque année, le bailleur déduit de ses revenus fonciers un pourcentage du coût d’acquisition, réduisant ainsi sa base imposable. Pour les logements anciens, la déduction s’applique sur 80 % du coût total de l’opération (achat et travaux), pendant toute la durée de l’engagement locatif de 12 ans.
Les trois conditions cumulatives pour l’ancien
Pour qu’un logement ancien soit éligible à le statut du bailleur privé (dispositif Jeanbrun), trois conditions doivent être simultanément réunies au moment de l’acquisition :
- Seuil de travaux : les dépenses de rénovation doivent représenter au moins 30 % du prix d’acquisition hors travaux.
- Performance énergétique : après rénovation, le logement doit atteindre la classe A ou B du diagnostic de performance énergétique (DPE).
- Type de bâtiment : le bien doit être situé dans un immeuble d’habitation collectif (appartements) ; les maisons individuelles sont pour l’heure exclues.
Ces conditions sont cumulatives. L’absence de l’une d’elles suffit à écarter l’éligibilité. Les conditions d’éligibilité complètes détaillent les vérifications à effectuer avant toute acquisition.
Taux d’amortissement : neuf et ancien comparés
Les taux applicables dans l’ancien sont inférieurs de 0,5 point à ceux du neuf pour chaque niveau de loyer. Ce différentiel s’explique par le coût de rénovation déjà inclus dans l’assiette d’amortissement et par la complexité technique des opérations de réhabilitation.
| Critère | Logement neuf | Logement ancien (avec travaux) |
|---|---|---|
| Taux intermédiaire | 3,5 % / an | 3 % / an |
| Taux social | 4,5 % / an | 3,5 % / an |
| Taux très social | 5,5 % / an | 4 % / an |
| Condition travaux | Aucune (neuf ou VEFA) | ≥ 30 % du prix d’acquisition |
| Exigence énergétique | Logement neuf (RE2020) | DPE A ou B après rénovation |
Pour aller plus loin sur le choix entre les deux types de biens, notre guide neuf ou ancien dans le dispositif Jeanbrun présente une analyse comparative complète.
L’impact fiscal en pratique
À retenir : pour un investissement total de 200 000 € (achat + travaux) avec un loyer pratiqué au niveau très social, l’amortissement annuel s’élève à 6 400 € (80 % × 200 000 € × 4 %). Sur 12 ans, cela représente 76 800 € de revenus fonciers soustraits de l’imposition.
Cet avantage s’ajoute à la déductibilité classique des charges (intérêts d’emprunt, taxe foncière, frais de gestion) puisque le dispositif impose une bascule automatique au régime réel simplifié. Pour mesurer le gain fiscal propre à votre situation, notre simulateur permet d’effectuer ce calcul en quelques minutes.
Pour comprendre la rentabilité globale du dispositif avec des exemples chiffrés, consultez également notre guide sur la rentabilité avec un exemple concret.
Ce que le Parlement envisage pour l’ancien
Les conditions actuelles — 30 % de travaux et DPE A ou B — font l’objet de discussions parlementaires depuis le début de l’année 2026. Le projet de loi de relance et décentralisation du logement (PJL 25-801), déposé au Sénat le 25 juin 2026 et examiné en séance publique début juillet, contient des dispositions visant à assouplir l’accès au dispositif Jeanbrun pour les logements existants.
Les principaux axes discutés portent sur :
- l’abaissement ou la suppression du seuil de 30 % de travaux ;
- l’assouplissement de l’exigence d’un DPE A ou B après rénovation ;
- l’extension du dispositif aux maisons individuelles anciennes.
Ces modifications ne sont pas encore adoptées définitivement. Pour les investisseurs, le cadre légal en vigueur reste celui de la loi de finances 2026 : 30 % de travaux et DPE A ou B obligatoires pour tout logement ancien acquisitionné avant une éventuelle promulgation d’un nouveau texte.
Si les assouplissements aboutissaient, le dispositif Jeanbrun dans l’ancien deviendrait accessible à un parc de biens bien plus large, notamment des logements classés C ou D ne nécessitant qu’une rénovation modérée.
Questions fréquentes
Le dispositif Jeanbrun s'applique-t-il aux maisons individuelles ?
Non, dans sa version actuelle issue de la loi de finances 2026, le dispositif Jeanbrun est réservé aux logements situés dans des bâtiments d'habitation collectifs. Des évolutions législatives en cours pourraient ouvrir le dispositif aux maisons individuelles, mais aucune modification n'est encore définitive.
Comment calculer le seuil de 30 % de travaux pour l'ancien ?
Le seuil de 30 % se calcule en divisant le montant des travaux par le prix d'acquisition hors travaux. Pour un bien acheté 150 000 €, les travaux doivent atteindre au moins 45 000 € pour satisfaire cette condition d'éligibilité au dispositif Jeanbrun.
Peut-on accéder au dispositif Jeanbrun dans l'ancien sans atteindre le DPE A ou B ?
Non, dans le cadre actuel, les travaux doivent obligatoirement permettre d'atteindre la classe énergétique A ou B après rénovation. C'est l'une des conditions cumulatives à remplir avec le seuil de 30 % de travaux. Cette exigence fait l'objet de discussions au Parlement pour un éventuel assouplissement.
Sources
Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé.