Façade d’immeuble ancien en rénovation, illustrant le volet ancien du dispositif Jeanbrun.

DPE électrique : l'arrêté du 19 août 2026 confirme le coefficient à 1,7 — ce que les bailleurs doivent faire

Par La rédaction Bailleur Privé · · Mis à jour le · 4 min de lecture

À jour au 7 septembre 2026

L’arrêté du 19 août 2026, publié au Journal officiel du 26 août 2026, rend officielle la deuxième baisse du coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE : au 1er janvier 2027, ce facteur passera de 1,9 à 1,7. Pour les bailleurs dont le logement est chauffé à l’électricité, cela peut améliorer l’étiquette énergétique de façon automatique — sans travaux. Et une mise à jour gratuite des DPE existants est prévue, sans nouvelle visite de diagnostiqueur.

À quoi sert le coefficient de conversion de l’électricité dans le DPE

Le diagnostic de performance énergétique mesure la consommation d’un logement en énergie finale (gaz, électricité, fioul…), puis la convertit en énergie primaire pour attribuer une étiquette de A à G. Pour l’électricité, un coefficient multiplicateur est appliqué à cette conversion : plus il est élevé, plus un logement à chauffage électrique est pénalisé « sur le papier », même si sa consommation réelle est identique à celle d’un logement similaire chauffé au gaz.

En abaissant ce coefficient, l’État favorise les modes de chauffage alimentés par l’électricité décarbonée française — pompes à chaleur en tête. C’est l’objectif affiché du plan « Électrification des usages », présenté le 23 avril 2026.

Ce que l’arrêté du 19 août 2026 change concrètement

L’arrêté modifie la valeur du facteur de conversion fixée par l’arrêté du 31 mars 2021 relatif au DPE. Il s’agit de la deuxième révision de ce coefficient depuis l’entrée en vigueur du DPE réformé.

ÉtapeDate d’entrée en vigueurCoefficient électricité
DPE réformé (arrêté du 31 mars 2021)1er juillet 20212,3
Première révision (arrêté du 13 août 2025)1er janvier 20261,9
Deuxième révision (arrêté du 19 août 2026)1er janvier 20271,7
Nouveaux DPE commandés après le 1er janvier 2027À la date de réalisation1,7 intégré automatiquement
DPE existants (réalisés avant le 31 décembre 2026)À partir du 1er janvier 2027Attestation gratuite sur l’Observatoire ADEME

À retenir : selon le ministère de la Transition écologique, le passage du coefficient à 1,7 devrait améliorer l’étiquette DPE d’environ 125 000 logements locatifs privés chauffés à l’électricité — soit une réduction significative du nombre de passoires thermiques dans ce segment du parc locatif, sans aucuns travaux.

Comment les bailleurs obtiennent la mise à jour gratuite de leur DPE

Les bailleurs qui ont fait réaliser un DPE avant le 31 décembre 2026 et dont le logement est chauffé à l’électricité peuvent bénéficier d’une attestation de changement d’étiquette sans aucun frais supplémentaires, et sans mandater à nouveau un diagnostiqueur. La procédure, déjà éprouvée lors de la révision de 2024, est la suivante :

  • Vérifier que le chauffage principal fonctionne à l’électricité (pompe à chaleur, radiateurs électriques, convecteurs). Les logements au gaz, au fioul ou au bois ne sont pas concernés par ce changement de coefficient.
  • À partir du 1er janvier 2027, se connecter à l’Observatoire DPE-Audit de l’ADEME (observatoire-dpe-audit.ademe.fr).
  • Saisir le numéro du DPE (identifiant à 13 chiffres figurant sur le rapport).
  • Télécharger l’attestation de nouvelle étiquette, générée automatiquement et gratuitement. Elle a la même durée de validité que le DPE d’origine.
  • Mettre à jour les annonces de location, l’affichage en bail et les plateformes : l’étiquette DPE est une mention obligatoire depuis 2021.

Les DPE commandés à partir du 1er janvier 2027 intégreront automatiquement le coefficient 1,7 sans aucune démarche supplémentaire.

Implications pour la location et le dispositif Jeanbrun

La reclassification potentielle d’un logement — de classe E à D, ou de F à E — n’est pas anodine pour un bailleur. Une amélioration d’étiquette sans travaux peut repousser une éventuelle interdiction de location prévue par le projet de loi Relance Logement, améliorer l’attractivité du bien à la relocation et modifier les conditions d’accès à certaines aides à la rénovation.

Pour les investisseurs qui envisagent de bénéficier de l’amortissement fiscal prévu par le dispositif Jeanbrun, la performance énergétique du logement joue un rôle clé, notamment pour les acquisitions dans l’ancien. Anticiper la nouvelle étiquette dès maintenant peut changer l’analyse. Un test d’éligibilité permet de s’orienter rapidement.

Pour aller plus loin, notre guide sur le fonctionnement détaillé du statut du bailleur privé décrit les critères énergétiques du dispositif, et notre analyse des risques et limites du dispositif Jeanbrun aborde les points de vigilance liés au DPE dans le cadre d’un investissement locatif.

Questions fréquentes

Les bailleurs doivent-ils refaire leur DPE après le 1er janvier 2027 ?

Non. L'arrêté du 19 août 2026 prévoit une attestation de changement d'étiquette téléchargeable gratuitement sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME à partir du 1er janvier 2027, sans nouvelle visite de diagnostiqueur ni frais supplémentaires.

Quels logements sont concernés par le nouveau coefficient DPE de 1,7 ?

Tous les logements dont le chauffage principal fonctionne à l'électricité : pompe à chaleur, radiateurs électriques, convecteurs. Les logements chauffés au gaz, au fioul ou au bois ne sont pas affectés par ce changement de coefficient.

Un logement classé E chauffé à l'électricité peut-il changer d'étiquette au 1er janvier 2027 ?

Oui, si le recalcul avec le coefficient 1,7 lui fait franchir le seuil d'une classe supérieure. Un logement situé à la limite E/D peut ainsi passer en D de façon automatique, sans travaux ni nouvelle visite de diagnostiqueur.

Sources

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal personnalisé.

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