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Dispositif Jeanbrun : quelle rentabilité ? Étude de cas chiffrée

Publié le 15 juin 2026 · Mis à jour le 15 juin 2026 · 9 min de lecture

La rentabilité d'un investissement Jeanbrun ne se résume pas à l'avantage fiscal : elle combine le rendement locatif, le coût du crédit et l'amortissement. Avec un exemple chiffré et les paramètres de marché de 2026, voici comment raisonner.

Les paramètres de marché en 2026

Deux chiffres encadrent tout calcul de rentabilité aujourd'hui. D'abord le coût du crédit : début 2026, les taux moyens tournent autour de 3,2 % à 3,4 % sur 15 à 20 ans (observatoire Crédit Logement/CSA). Ensuite le rendement locatif brut : environ 5,5 % en moyenne nationale, plutôt 4 à 4,5 % à Lyon, Bordeaux ou Rennes, et 5 à 6 % à Lille. Tant que le rendement brut dépasse le taux d'emprunt, l'effet de levier joue en votre faveur.

Notre cas : un T2 neuf à 230 000 €

Prenons un appartement neuf payé 230 000 €, loué en loyer intermédiaire à 690 €/mois (8 280 €/an), soit un rendement brut de 3,6 % — volontairement prudent. Charges déductibles : 2 200 €/an ; intérêts d'emprunt : 5 200 €/an la première année.

Base amortissable = 80 % × 230 000 € = 184 000 €. Amortissement annuel = 184 000 € × 3,5 % = 6 440 € (sous le plafond de 8 000 €).

L'effet sur l'impôt

Sans le dispositif, le revenu foncier imposable serait de 8 280 − 2 200 − 5 200 = 880 €. L'amortissement de 6 440 € l'efface intégralement : revenu foncier ramené à 0, et l'excédent (5 560 €) est reporté sur les années suivantes. À mesure que les intérêts d'emprunt diminuent, l'amortissement prend le relais pour neutraliser un revenu foncier croissant.

Pour un bailleur à TMI 30 % (+ 17,2 % de prélèvements sociaux), neutraliser durablement un revenu foncier de plusieurs milliers d'euros représente une économie qui se chiffre vite en milliers d'euros sur les 9 ans. Chiffrez votre propre scénario dans le simulateur.

Raisonner en cash-flow, pas seulement en impôt

L'amortissement améliore le rendement net, mais ne paie pas la mensualité. Le bon réflexe : calculer le cash-flow = loyers − (mensualité de crédit + charges + taxe foncière) + économie d'impôt. Sur un bien à loyer plafonné, le cash-flow est souvent légèrement négatif les premières années, puis s'améliore avec la baisse des intérêts et la revalorisation des loyers. L'avantage Jeanbrun réduit cet effort d'épargne mensuel.

Ce qui fait (ou défait) la rentabilité

  • L'emplacement prime : un bien mal placé reste un mauvais investissement, même bien amorti.
  • Le prix d'achat : payer trop cher le neuf annule l'avantage fiscal.
  • La TMI : plus elle est élevée, plus l'amortissement est rentable.
  • La catégorie de loyer : un loyer plus bas (social/très social) augmente le taux d'amortissement mais réduit les loyers encaissés — à arbitrer.

Voir aussi notre comparatif neuf ou ancien.

Questions fréquentes

Le dispositif Jeanbrun rend-il un investissement rentable à lui seul ?

Non. L'amortissement améliore le rendement net et réduit l'effort d'épargne, mais la rentabilité dépend d'abord de l'emplacement, du prix d'achat et du loyer de marché. L'avantage fiscal amplifie un bon projet, il ne sauve pas un mauvais.

Quelle économie d'impôt espérer ?

Elle dépend de votre tranche d'imposition et du revenu foncier à neutraliser. Pour un bailleur fortement imposé, neutraliser plusieurs milliers d'euros de revenu foncier par an représente une économie de plusieurs milliers d'euros sur les 9 ans. Utilisez le simulateur pour votre cas précis.